La phonétique en jouant

La phonétique en jouant

Importance de la syllabe, syllabe de base, syllabation, coupure syllabique, syllabe forte(accent), syllabe mise en relief (intonation), syllabe reconstruite (e muet), syllabe tronquée (liaisons, enchaînements) Cas particuliers : Pataquès, Cuir, velours, p

https://static.blog4ever.com/2014/03/769468/13.png Quelques notions à connaitre

 

Syllabe de base,

Syllabation,

Structure syllabique (CV),

Coupure syllabique,

Syllabe forte (accent rythmique),

Syllabe mise en relief (intonation) ,

Syllabe reconstruite (e muet),

Syllabe tronquée (liaisons, enchainements).

 

1. La syllabe de base

Les sons, comme les ingrédients d'une recette de cuisine, se mélangent pour former des syllabes puis des mots. De même qu'en cuisine certains ingrédients ne se mélangent pas, dans chaque langue il y a des sons incompatibles entre eux et d'autres groupements de sons qui sont rares (ex : en français les combinaisons tw ou xs sont rares, cependant des voitures bien françaises s'appelle Twingo et Xsara). Lorsque les sons se regroupent, l'unité minimale est appelée syllabe. En français, on groupe les syllabes et l’on prononce des suites de syllabes. On entend donc une succession de groupes de syllabes et non pas des mots séparés comme dans les autres langues, car ce regroupement coïncide rarement avec le mot écrit.

Ex : une camarade [yn/ka/ma/Rad] et non pas [yn] [kamaRad]

 

Alors que l'écriture sépare les mots, l'oral regroupe des syllabes, c'est pourquoi les trois phrases suivantes auront la même prononciation [œ̃gRãtami].          

                                      - un grand ami

                                      - un grand tamis

                                      - un grand t'a mis

 

Le centre de la syllabe (appelé aussi noyau syllabique) en français est toujours la voyelle. Une syllabe contient donc toujours une voyelle et une seule. Autour de ce noyau il y aura une ou plusieurs consonnes. Les consonnes (étymologiquement qui sonnent avec) s’appuient toujours sur une voyelle en français.

             exemple : artifice [aR/ti/fis]

☞comparez avec l'anglais spoken [spoU/kn] où il y a une syllabe sans voyelle.

 

2. La syllabation

 

Les syllabes défilent régulièrement en français, il n'y a pas de syllabes plus comprimées (plus rapides) que d'autres. Le rythme syllabique est un des traits majeurs de la langue et de la poésie française. Pour permettre ce défilement régulier des syllabes, le français a recours aux liaisons et enchaînements, et à la suppression du "e" entre autres. Nous étudierons cela plus loin.

exemple :        Il a mal à la main                  [il/la/ma/la/la/mɛ̃]

                     Elle a dit qu'elle était ici        [ε/la/di/kε/lε/tε/ti/si]

 

3. La structure syllabique

☞ Lorsque les syllabes sont terminées par une voyelle prononcée on les appelle syllabes ouvertes (o)

ex. : une amie [y/na/mi]   =  syllabe ouverte/syllabe ouverte/ syllabe ouverte

 

☞ Lorsque les syllabes sont terminées par une consonne prononcée on les appelle syllabes fermées (f)

        ex. :  captif    [kap/ -tif]          =  syllabe fermée/ syllabe fermée

 

Clin d'œil Le français préfère la structure syllabique consonne + voyelle mais il y a d'autres structures possibles : V, CV, CCV, CVC, CCVC, CVCC, etc. C'est pour avoir cette alternance consonne + voyelle que l'on a des liaisons et des enchainements (voir plus loin).

 

4. Les coupures syllabiques

  • Une consonne entre deux voyelles → La consonne est dans la deuxième syllabe

                a-mi        na-tion                                 bu-reau

 

  • Une consonne redoublée →  une seule consonne prononcée              

               co-(m)ment           a-(r)ri-ver             a-(l)ler

 

  • Deux consonnes différentes se séparent   

      ac-tif          par-ler       prin-temps           sur-vi-vant     jar-din      es-pé-rer 

      ar-ma-ture      his-toire   par-fum                 ad-mi-rer        cir-que      her-be

                                                  

mais → Les groupes consonne +  R ou L ne se séparent  jamais

          pa-trie       re-clu        a-près        dé-cla-rer       a-gre-sser       é-glan-tier

               

Attention le "e" final ne se prononce pas, donc ne forme pas une syllabe phonétique.

 

5. La syllabe forte ou l'accent rythmique

Accent rythmique ou accentuation veut dire la syllabe forte du mot. Ne confondez pas avec l'accent écrit !

 

Certaines syllabes sont accentuées et d'autres inaccentuées. Ainsi, un mot d'une syllabe sera accentué sur la voyelle prononcée. L'accent rythmique se transcrit par une barre / sur la voyelle ou devant la syllabe accentuée.

Ex: table     voyelle portant l'accent rythmique = "a" [t'abl]

Ex : phonème     [fo/nεm]

[fo] est la syllabe inaccentuée et [nεm] la syllabe accentuée

 

  •  N'oubliez pas que le "e" final ne se prononce pas

 

Un mot de deux syllabes comporte toujours une syllabe inaccentuée et une syllabe accentuée

L'accentuation en français est toujours sur la dernière syllabe prononcée. La syllabe n'ayant qu'une seule voyelle en français on peut dire que l'accentuation est sur la dernière voyelle prononcée.

Un groupe rythmique comporte entre 5 et 7 syllabes et doit avoir du sens

 

En français il n'y a qu'une seule accentuation principale par mot

 

L'accentuation est fixe. Elle est toujours sur la dernière syllabe phonétique prononcée

 

 

Lorsque la syllabe termine par un "e" final (qui ne se prononce pas), l'accentuation est sur la voyelle précédente

ex : ta'ble : accentuation sur "a"

 

Lorsque les mots s'assemblent pour former un groupe il n'y a qu'un seul accent dans le groupe (l'accentuation de mot disparaît pour l'accent de groupe).

 

Comparez les mots isolés :

Monsi'eur / Bonj'our /  Dup'ont

avec la phrase   :

Bonjour monsieur Dup'ont  = une seule accentuation sur "on" et non pas une accentuation sur chaque mot.

 

Comparez avec différentes langues. Vous remarquez que l'accentuation n'est pas fixe. Dans les autres langues.

 

Anglais : uni'versity   'liberty   'classroom , 'difficult

 

Espagnol : exámen   pedagógico

 

Suédois : l'ärare   sk'óla          

 

Français : medi'cal   pré'sent   ab'sent                

En français où il n'existe qu'une seule accentuation dans le groupe rythmique, les  énoncés suivants se prononcent rigoureusement de la même façon.

 

Il est tout vert  ou 

Il est ouvert [i/lε/tu/vεR]

 

je veux la voir ou

je veux l'avoir

[ʒ ə/ vø/la/vwaR]

 

 

     

Truc à prof Clin d'œil

Question : si un groupe de souffle comporte entre 5 et 7 syllabes cela veut dire qu’il faut prononcer de 5 à 7 syllabes sans respirer ? Oui, et il faut entraîner les étudiants à syllaber et compter les syllabes jusqu'à la fin du groupe de souffle. Par exemple : ne pas faire de pose dans : il a mal à la main [i/la/ma/la/la/mɛ̃]

 

6 La syllabe mise en relief : l'intonation

Dans ce chapitre nous ne traiterons que les intonations de base c'est à dire de la langue parlée normalement sans intonations expressives ni affectives. (pas d'émotion ni de théâtralisation).

L'intonation est la musique de la langue, comme la mélodie est la musique d'une chanson. Chaque langue a une musique particulière. En français l'intonation est aussi facteur de rythme car elle permet de délimiter les groupes rythmiques.

La syllabe qui contient la voyelle accentuée peut monter ou descendre par rapport aux syllabes contenant des voyelles inaccentuées. En finale absolue le ton descend.

//Je ne sais pas / si on t'a raconté / cette histoire /qui est arrivée à mes amis //

     --  --  -- ↑      -- -- --  --   --     --    --          --  --   -- -- --   -- --  --  ↓

 

En général dans une prononciation neutre, c'est à dire sans nuance affective on distingue

3 intonations de base:

- mélodie plate  

- ton descendant   

- ton montant     

 

- On descend la voix sur la syllabe finale d’un groupe de souffle (un point)

                   c'est mon père                                 il fait beau

                                    ↓                                              

- lorsqu’il y a plus d’un groupe de souffle, à  la fin de chaque groupe de souffle on monte légèrement la voix, on descend la voix sur le groupe final

                   il est venu / avec son père / pour vous rencontrer

                                                                                  

- dans les questions ou interrogations totales (questions avec réponse oui/non)

l’intonation est toujours intonation montante       

   Est ce que vous aimez la France ?

   Vous aimez la France ?  

    Aimez-vous la France ? 

                                        

- dans les interrogations (questions avec un mot interrogatif) l'intonation est toujours descendante (contrairement aux idées reçues)  ↓                                

qui. quand, où, comment, pourquoi, etc. sont des mots interrogatifs

            Qui est là ? ↓ 
            Comment vas-tu ?  ↓ 
            Où vas-tu ?  ↓ 

 

@ Exercez vos étudiants à couper les phrases et à placer l'intonation  :

a) Comment peut-on couper cette phrase ? Justifiez (certaines coupures sont impossibles).

 

  1. je pars ce soir avec mon père
  2. je pars ce soir / avec mon père//
  3. je pars / ce soir / avec mon père//
  4. je pars ce / soir avec / mon père//
  5. je /pars ce soir avec mon/père //

 

b) Placez les accents rythmiques dans cette phrase (plusieurs possibilités)

 

Je m'appelle Mireille, je suis française, j'étudie à la faculté des Lettres d'Aix-en-Provence

 

@  Entraînez vos étudiants à écrire :

a) Écrivez la mélodie des phrases suivantes : (flèches)

 Affirmation  c'est mon frère      j ai froid       il pleut                  il est là

                             son père

                             son père et sa mère

                             son père, sa mère et son frère

                             son père sa mère son frère et sa sœur sont allés au cinéma

 

Interrogation        Quand partez-vous ?         Pourquoi êtes-vous en retard ?

Question               Vous connaissez la France ?           Tu aimes le café ?

                            Où allez-vous ?                             Comment allez-vous ?

                            Tu viens ?                                      Vas-tu au cinéma ?

 

b) Écrivez la mélodie sous cette phrase (flèches ↑ )

// Si elle arrive par le train de midi/ on ira la chercher/ avec la voiture/ de mes parents //

 

 

7. La syllabe tronquée et reconstruite : le E instable appelé aussi e caduc, e muet: [ə]

Le graphème "e" se prononce dans mercredi [mεR/kRə/di] (3 syllabes) mais non pas dans samedi [sam/di] où l'on aura 2 syllabes au lieu de trois car on a supprimé le E et reconstruit les syllabes différemment : la syllabe me a été tronquée (raccourcie) et la syllabe sa a été reconstruite en sam.

 

Les syllabes reconstruites sont donc des syllabes qui se créent  après la chute du "e" dit muet, caduc ou instable. Nous choisirons de l'appeler instable dorénavant car ce terme décrit bien ce son qui peut être prononcé ou pas selon certaines lois phonétiques.

Exemple : je ne bois pas de bière se dira [ʒə/nə/bwa/pa/də/bjεR] dans une prononciation didactique où l'on prononce toutes les syllabes mais dans une prononciation courante on dira [ʒən/bwa/pad/bjεR]. Vous constatez que dans le premier cas il y a 6 syllabes et dans le deuxième cas il n'y a plus que 4 syllabes et que les syllabes ont été reconstruites différemment. Et le rythme sera différent si l'on prononce 4 ou 6 syllabes !

Règle générale

 

La prononciation du "e" instable dépend de plusieurs facteurs :

  • Le niveau de discours du locuteur (courant, amical ou discours)
  • De la rapidité de locution
  • Du nombre de consonnes qui le précèdent et suivent
  • De la position dans le mot

Si le "e" est précédé de 2 consonnes prononcées, il se prononce

ex : prenez   [pRə/ne]

probablement  [pRo/ba/blə/mã]

Si le "e" est précédé d'une seule consonne prononcée, le "e" ne se prononce pas

ex: samedi      [sam/di]

 

 

 

8. La syllabe reconstruite : Les liaisons et les enchaînements

Nous avons vu que l'on prononce des groupes de syllabes en français et non pas des mots séparés. Ainsi la prononciation de le pape a dit et le papa dit est rigoureusement identique. Dans le premier cas, le E final de pape ne se prononce pas et le P s'accroche à la voyelle suivante (enchaînement) ce qui se prononce comme papa.

Les liaisons et enchaînements permettent de reconstruire les syllabes de façon à avoir des syllabes formées par consonne + voyelles, appelées syllabes ouvertes.

ex : Paul adore Anne         [pɔ/la/dɔ/Ran]

Les enchaînements et les liaisons permettent de découper la parole en syllabes égales. Les voyelles et les consonnes alternent régulièrement et les syllabes sont toujours segmentées après la voyelle, c'est ce qui permet d'avoir un rythme particulier. C'est ce phénomène qui fait que l'articulation française paraisse douce.

 

Incertain On distingue l'enchaînement et la liaison, bien que pour l'apprenant le résultat soit identique, c'est à dire accrocher une consonne avec la voyelle suivante.

 

a) L'enchaînement

  • Enchaînement = Une consonne finale qui est prononcée s'accroche (s'enchaîne) avec la  voyelle du mot suivant. Il sera représenté par le signe

                ex : il arrive avec une amie             [i/la/Ri/va/vε/ky/na/mi]

 

 

L'enchaînement se produit généralement avec les consonnes finales C/F/L/R               

ex: avec eux, neuf amis, il a,

mer Adriatique

 

L'enchaînement avec le "f" de neuf se prononce [v] devant les mots "ans" et "heures" 

     ex:    neuf  ans [nœ/vã]    

   19 heures    [diz/nœ/vœR]

 

 

 

b) La liaison

  • Liaison = Une consonne finale qui n'est pas prononcée s'accroche avec la voyelle du mot suivant. En devenant consonne de liaison, elle se prononce parfois différemment.

                 ex : ils arrivent       [il/za/Riv]            les amis    [le/za/mi]

 

La liaison est un reste du vieux français où toutes les consonnes finales étaient prononcées. On a fait tomber les consonnes finales au XVème siècle. Aujourd'hui les liaisons sont très particulières aux personnes, au style, au niveau de langue et à la catégorie sociale. Cependant il y a des liaisons obligatoires que tout le monde respecte.

Les consonnes de liaison les plus employées dans les liaisons sont :

                         [z] [t]

[z]  pour les écritures "s" et "z"

[t]  pour les écritures "d" et "t"

pour l'écriture "n" seulement avec les mots aucun bien rien  et les mots en "on" tels que mon, ton, son.

 

 

La liaison ne peut se faire qu'à l'intérieur d'un groupe rythmique, il n'y aura donc jamais de liaison après une syllabe accentuée

 

 

Il y a trois classes de liaisons : Les liaisons obligatoires, les liaisons facultatives et les liaisons interdites (ou liaisons dangereuses !)

 

Les liaisons obligatoires

a)         Après un déterminant  suivi d'un nom commençant par voyelle

        

article

les  amis, des  amis

              

adjectif possessif                     

mes  amis

    

démonstratif                          

 

ces   amis

   

numéral

 

deux  amis

     

indéfini 

d'autres  amis, quelques  amis

                             

interrogatif

quels  amis ?

     

prépositions

sans  elle, en  Amérique,

             

devant  elle, après  elle

                     

   

b)        Après un pronom personnel devant ou après le verbe

                      ils ont              ont- ils                   j'en  achète           parlez- en

 

c)         Après les adverbes (surtout ceux de une ou deux syllabes)

                     plus  intelligent                              tout  ému

 

d)         Après le relatif "dont"

                     ce dont  ils parlent

 

e)         Après "donc" et "quand"

                     quand  il          allez donc  avec lui

 

f)         Dans les locutions figées

                     de plus  en plus          tout  à coup        mais          nez /à /nez

 

                     de moins  en moins     tout  à fait                          corps /à /corps

 

                     de temps  en temps     tout  au moins                     de part /en /part

 

 

 Les liaisons interdites

a)       Après un nom singulier

                       Cet étudiant / étudie           un enfant /arrive

 

b)      Devant "h" dit aspiré

                     les / héros            en/haut           les / haricots

 

c)       Après "et" (erreur très courante chez les étudiants même non débutants)

                    et / elle        et / alors

 

d)      Entre les nombres

                  cent / un

 

e)       Après "en" et "on" placés après le verbe

                 faites-en / un pour moi             donnez-en  /un à ma sœur

 

f)         Après un interrogatif

                Quand /arrive-t-elle ?

               Comment / aller à Paris ?        sauf  Comment- allez-vous ?

                Combien / en voulez-vous ?                            

 

            

Les liaisons facultatives

Dans tous les autres cas, les liaisons sont facultatives. Cependant ces liaisons sont très instables. On les utilise :

             Presque toujours dans :                c'est  un vieux livre

             Souvent dans:                             toujours  aimable

             Rare dans :                                 les enfants  attendront

             Très rare dans :                           pourtant  il était là

 

Clin d'œil cela dépend du niveau de langue

             niveau soigné ou littéraire              : beaucoup de liaisons

             niveau familier                             : de moins en moins de liaisons

 

 

petit bonhomme.jpg    Entraînez-vos étudiants à lire cette fable de Jean de La Fontaine intitulée :

Le Corbeau et le Renard Livre premier, fable II (1668 ) (avant de commencer, faites marquer les liaisons et les enchaînements avec le signe    )

 

Le Corbeau et le Renard

Maître corbeau sur un arbre perché

Tenait en son bec un fromage

Maître Renard par l'odeur alléché

Lui tint à peu près ce langage :

"Hé ! Bonjour Monsieur du Corbeau,

Que vous êtes joli ! Que vous me semblez beau !

Sans mentir, si votre ramage

Se rapporte à votre plumage,

Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois".

À ces mots le Corbeau ne se sent plus de joie;

Et pour montrer sa belle voix,

Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.

Le Renard s'en saisit, et dit : "mon bon Monsieur,

Apprenez que tout flatteur

Vit aux dépens de celui qui l'écoute.

Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute".

Le Corbeau, honteux et confus,

Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

 

 

Cas particuliers de liaisons

 

a) Liaisons avec les voyelles nasales

  • Règle générale : On prononce la voyelle nasale et on ajoute un "n" dans la syllabe suivante

    un   ami            [œ̃/na/mi]            un  avion              [œ̃/na/vjõ]

   rien  à voir      [Rjɛ̃/na/vwaR]   Il n'a aucun  humour  [il/na/o/kœ̃/ny/muR]

 

  • Exceptions : Lorsqu'il y a liaison avec bon, certain, moyen et ancien la voyelle nasale [õ] ou [ɛ̃] se transforme en voyelle orale [ɔ] ou [ε]

   ex :           bon            [bõ]       mais          bon appétit       [bɔnapeti]

                   ancien      [ãsjɛ̃]     mais          ancien ami        [ãsjεnami]

 

b) Liaisons avec les verbes

  • Règle générale : On fait un enchaînement dans un discours normal et une liaison dans un discours plus recherché. Les liaisons et enchaînements se font surtout avec les 3 personnes du pluriel (nous, vous, ils)

       Discours normal        nous sommes arrivés = enchaînement

                                                       ma

      Discours recherché      nous sommes  arrivés = liaison

                                                          za

 

c) Cas particulier du graphème "h". Doit-on faire la liaison ou non ?

 

Beaucoup d'étudiants voudraient savoir pourquoi on fait la liaison avec :

            les  heures et les  hommes mais pas avec les / hanches ou les / halles.

Malheureusement la réponse est difficile à donner sinon en faisant référence à l'ancien français qui avait deux types de "h", des "h" aspirés (surtout dans les mots d'origine germanique) et d'autres non (mots d'origine latine). Si l'on a gardé le terme ‑impropre- de "h" aspiré on ne fait pas aujourd'hui de distinction de prononciation entre les deux types de "h", d'où la difficulté dans le cas de la liaison. Le seul conseil à donner est d'étudier, chaque fois que l'on rencontre un mot comportant un "h", le singulier et le pluriel avec l'article le et les. (Dans un cas le est élidé et les sert de liaison, dans l'autre cas le reste et les ne fait pas liaison ex : l'heure, les  heures et le hamac, les / hamacs).

 

d) Cas particulier : Pataquès, Cuir, velours et psilose

 

Le pataquès


Dès l'origine, le mot désigne une faute de langage, qui consiste à faire entendre un final quand il y a une s ou inversement, et, plus généralement, à faire entendre sur la voyelle initiale d'un mot une consonne qui ne doit pas terminer le mot précédent. 
L'extension au sens de discours confus, d'erreur, de bévue, ou d'action maladroite, date de la fin du vingtième siècle

 

Voici quelle en est, dit-on, l'origine : un plaisant était à côté de deux dames ; tout à coup il trouve sous sa main un éventail. - Madame, dit-il à la première, cet éventail est-il à vous ? - Il n'est point-z-à-moi, monsieur. - Est-il à vous, madame ? dit-il en le présentant à l'autre. - Il n'est pas-t-à moi, monsieur. - Puisqu'il n'est point-z-à vous et qu'il n'est pas-t-à vous, ma foi, je ne sais pas-t-à qui est-ce ! L'aventure fit du bruit, et donna naissance à ce mot populaire, encore en usage aujourd'hui. Domergue, Manuel des amateurs de la langue française, p. 465.

 

mais l'origine pourrait être aussi « Pata ? Qu'est-ce ? »  pour qu'est ce que c'est ? 

 

Le cuir

 Erreurs de liaison plaçant un t lorsqu'il n'en faut pas Il va t-à Paris , elle ira t aux USA

 

Le velours

Cette erreur de diction qui consiste à mettre en liaison un s au lieu d'un t : il était-z à la campagne
Le mot velours vient de ce que cette liaison est moins rude que celle qui se fait avec le t, de même que le velours est plus doux au toucher que le cuir. On considérait que la dentale était plus agressive. Pour la même raison que le cuir, le velours permet d'éviter un hiatus : Lorsque j'y ai zété (Vian). Il y a velours accepté, lexicalisé et intégré dans entre quatre-z-yeux.

 

La psilose

Ce terme plus savant et rare encore désigne les erreurs consistant à ne pas respecter la disjonction ou le coup de glotte devant un h dit aspiré, et donc à marquer une liaison absente. Par exemple, des z-Hollandaisdes z-handicapés, des z-haies.

 

 

 

CoolTruc à prof

Soyez exigeants dès les premiers cours sur les liaisons et les enchainements. Il n’est pas rare d’entendre des étudiants avancés dire nous/avons…. Soyez intransigeants avec les liaisons dangereuses ! Ne jamais accepter de liaison avec « et ».

 

 Article intéressant sur les liaisons :

//phonetiquedufle.canalblog.com/archives/2014/05/27/29906816.html#c61719583

 

Pour aller plus loin et s'entrainer :

//www.french.hku.hk/starters/fonetik/fiche09web.htm

//courseweb.edteched.uottawa.ca/Phonetique/pages/prosodie/notions.htm

//courseweb.edteched.uottawa.ca/Phonetique/pages/discrimination/musique.htm

 

Retour : //la-phonetiqueenjouant.blog4ever.com/

 

 

 

 

 

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28/04/2014

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